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    Partout on s’aime à la folie

    Et vive le tic tac tic tac

    En Afghanistan

    En Russie

    En Chine

    En Libye

    Partout on s’aime à la folie

    Et vive le tic tac tic tac

    Au Liban

    Au Congo

    Au Pakistan

    Au Mali

    Partout on s’aime à la folie

    Et vive le tic tac tic tac

    Europe

    Amérique

    Afrique

    Asie

    Océanie

    Partout on s’aime à la folie

    Et vive le tic tac tic tac

     

    Toujours plus fort

    Toujours plus vite

    On se dévore

    On se traque

    On se quitte

     

    En économie

    En secret

    En catimini

    Partout on s’aime à la folie

    Et vive le tic tac tic tac

    En pétards

    En fusils

    En uniformes

    En habits

    Partout on s’aime à la folie

    Et vive le tic tac tic tac

    En djihad

    En hostie

    En attendant le messie

    Partout on s’aime à la folie

    Et vive le tic tac tic tac

    En partis

    En patries

    En copies

    En colonies

    Partout on s’aime à la folie

    Et vive le tic tac tic tac

     

    Toujours plus fort

    Toujours plus vite

    On se dévore

    On se traque

    On se quitte

     

    Le monde est à l’agonie

    Entre la douleur

    Et l’ennui

    Je t’aime à la folie

    Et vive le tic tac tic tac

    Le monde est à l’agonie

    Et je m’en fiche

    Et je m’enfuie

    Je t’aime à la folie

    Et vive le tic tac tic tac

    La bière en après-midi

    Fuck les REER

    Fuck les CELI

    Je t’aime à la folie

    Et vive le tic tac tic tac

    Redonne-moi une nuit

    Et une autre shot de whisky

    Je t’aime à la folie

    Et vive le tic tac tic tac

     

    Toujours plus fort

    Toujours plus vite

    Qu’on se dévore

    Qu’on se traque

    Qu’on se quitte
     

    Pas de panique

    J’ouvre le frigo

    Et puis je tombe dans le vide

    Entre un vieux spaghatte au pesto

    Et un oignon qui agonise

    Je bats des ailes et je m’ennuie

    Je ne vends pas de disques

    Je m’imagine une autre vie

    Pleine de succès et de fric

    On me voit partout

    Je fais tous les plateaux de télévision

    Je fais le beau devant les radios

    Et je chante pour les cons

    Tout ça me mène jusqu’à l’Adisq

    Et le vote du public

    Je monte sur la scène hystérique

    Et j’embrasse mon Félix

    Je remercie père et mère

    Et tous les Québécois

    En ajoutant que je suis fier

    Parce que je fais mon rock à moi

     

    Mais j’entends des voix qui me disent…

     

    Indie

    Trendy

    Hipster

    Preppy

    Je me la fais musique et baise

    J’ai les cheveux et le style

    Pour grimper sur les palmarès

    Et aux jambes des filles

    Mon côté rebelle et artiste

    Séduit les matantes les mamans

    Qui se disent que j’s’rais un bon fils

    Un bon gendre ou un bon amant

    En tournée j’exige dans ma loge

    Des craquelins et des fromages fins

    Un Bordeaux et quelques Bourgogne

    Un playstation et des coussins

    Avec le band on parle des bitchs

    On se fait des tracks à l’hôtel

    Je cause allègrement de Nietzsche

    De Sade et puis de Machiavel

    C’est tripatif je suis très rock

    Mais j’ai de la cervelle

    J’me déplace en van pis je dis fuck

    Au système en touchant ma paye

     

    Mais j’entends des voix qui me disent…

     

    « Kouna n’oublie pas Hydro »

    Hé pas de panique

    J’vais payer tout ça bientôt

    Et je donnerai du tip

     

    « Kouna y’a le proprio »

    Hé pas de panique

    Y’a déjà l’type des impôts

    Avec qui je m’explique

     

    Oui toujours ces voix qui me disent…

     

    Schling

    Schling

    Schling

    Le temps passe pis ch’t’un peu moins in

    Y faut que j’me démène

    Pour ne pas devenir un has-been

    Et vendre mon condo sur la Main

    Je fais des pubs de cellulaires

    De bagnoles ou de bières

    Entre deux tournées de promotion

    Et toutes mes collaborations

    Je me positionne contre la guerre

    Contre la famine et la misère

    Et contre le pire des fléaux

    Les téléchargements illégaux

    Sinon j’fais une sortie publique

    Et un petit scandale

    Quand les radios boudent ma shit

    Ou qu’on m’booke pas da’un festival

     

    Mais j’entends des voix qui me disent…

     

    « Kouna y’a plus d’haricots »

    Hé pas de panique

    Il reste encore un kilo

    De champignons magiques

     

    « Kouna trouve-toi un boulot »

    Hé pas de panique

    Je n’veux pas finir trop tôt

    À l’aile psychiatrique

     

    Oui toujours ces voix qui me disent…

     

    Je referme le frigo

    Et je me Grenache une miche

    Ensuite je me booke un autre show

    Pour 100$ à St-Meu-Meu-du-Christ

    J’pourrais p’t’être trouver le bonheur

    Et gagner plein de foin

    En faisant des disques de covers

    Des années 80

    Ou en écrivant des rengaines

    Pour des star-académiciennes

    Avant que j’finisse par me mettre

    À cuisiner du crystal meth

    Je m’attaque à un hit du tonnerre

    Un hit avec un hook

    Mais j’finis par m’ouvrir une bière

    Pis je glande sur Facebook

     

    Et j’entends des voix qui me disent…

     

    « Kouna n’oublie pas Hydro »

    Hé pas de panique

    J’vais payer tout ça bientôt

    Et je donnerai du tip

     

    « Kouna y’a le proprio »

    Hé pas de panique

    Y’a déjà l’type des impôts

    Avec qui je m’explique

     

    « Kouna y’a plus d’haricots »

    Hé pas de panique

    Il reste encore un kilo

    De champignons magiques

     

    « Kouna trouve-toi un boulot »

    Hé pas de panique

    Je n’veux pas finir trop tôt

    À l’aile psychiatrique

     

    Oui toujours ces voix qui me disent…
     

    Comme un macaque

    Les massacres et les tueries

    Dans la brise et les vents

    Pendant que je te séduis

    Dans la brise et les vents

     

    Comme un macaque qui s’éclate

    Dans tes bras

    Loin des macaques qui se battent

    Pour je ne sais quoi

     

    Aime-moi je t’aime ma guenon

    Mon étoile dans la jungle des cons

     

    Et les cadavres s’empilent

    Dans la brise et les vents

    Pendant que je te l’enfile

    Dans la brise et les vents

     

    Comme un macaque qui s’éclate

    Dans tes draps

    Loin des macaques qui se battent

    Pour je ne sais quoi

     

    Aime-moi je t’aime ma guenon

    Mon étoile dans la jungle des cons

     

    Au bout du compte et du pire

    Dans la brise et les vents

    Chacun son propre plaisir

    Dans la brise et les vents

     

    Comme un macaque je me gratte

    Et tu es là

    Je me fiche des macaques

    Et de je ne sais quoi

     

    Aime-moi je t’aime ma guenon

    Mon étoile dans la jungle des cons
     

    Anna

    Dans ma garçonnière

    Tu débarques et brusques mes ombres

    Comme un tank en robe légère

    Qui écrase mes fleurs et mes ronces

    Tu dis que je suis pépère

    Tu siffles mon verre et tu t’allonges

    En te caressant la rivière

    Et en m’ordonnant que je plonge

     

    Anna

    Tu me creuses une tombe

    Tu me ronges les ongles

    Tu me lances des bombes

     

    Dans ma garçonnière

    Tu fous la merde et te défonces

    Tu ris en lisant mes poèmes

    Tu dis que je ne suis qu’un p’tit con

    Tu bouffes mon cœur et ma tête

    Tu dis que j’aime trop la raison

    Tu piges dans mes clopes et ma bière

    Mes somnifères et mon gazon

     

    Anna

    Tu me creuses une tombe

    Tu me ronges les ongles

    Tu me lances des bombes

     

    Dans ma garçonnière

    Tu débarques et pètes les plombs

    En t’accrochant à ma fenêtre

    Et en déconnant que tu tombes

    Tu pleures en hurlant que tu m’aimes

    Tu dis que je suis ta prison

    Que tu n’en peux plus de ces chaînes

    Puis tu disparais pour de bon

     

    Anna

    Tu me manques et je tombe

    Je me ronge les ongles

    Je m’ennuie de tes bombes
     

    Batiscan

    Pôpa j’te parle pas trop souvent

    Chus dans mes affaires

    Pis j’cours tout l’temps

    Pis tu sais ben qu’chus pas fort sé prières

    Sauf quand chus dans marde

    Ou trop content

    Pôpa je l’sais pas si tu veilles

    Pis je l’sais pas si tu m’entends

    Disons qu’à soir j’ai le coeur dans’ bouteille

    Pis le motton qui passe pas franc

    C’est peut-être juste que c’est la fin d’l’hiver

    Pis que ben vite

    Ça va être le printemps

    Le temps des sucres

    L’ouverture d’la pêche

    Pis qu’j’me r’voé ti-cul

    S’à Batiscan

    Pogné din branches

    Pis toé qui m’démêles

    Pis qui me r’mets un nouveau grément

    Une tape sur l’épaule

    Un brassage de tête

    On était ben

    S’à Batiscan

     

    C’est pus pareil

    Oh non c’est différent

    Ça m’fait mal

    Ça m’fait de la peine

    Par en dedans

    Tout le temps

     

    Pôpa tu me disais souvent

    D’être à mon affaire

    Pis d’prendre mon temps

    J’me tire partout

    J’ai la vie qui s’emmêle

    Pognée din branches à tout bout d’champ

    Mais j’me dis qu’si tu m’check de ton perchoir

    Tu t’en fais pas trop pis t’es confiant

    Tu m’tapes sur l’épaule

    Tu m’brasses la tête

    Comme tu faisais

    S’à Batiscan

     

     

    C’est pus pareil

    Oh non c’est différent

    Ça m’fait mal

    Ça m’fait de la peine

    Par en dedans

    Tout le temps

     

    Bon ça y’est j’braille

    Tu parles d’une affaire

    Toé tu sourirais sûrement

    Tu m’prendrais l’épaule

    Tu m’prendrais la tête

    Pis tu m’dirais « T’en fais pas mon grand »

    Tu m’dirais aussi que la vie est belle

    Et pis qu’la mort ça fait son temps

    Qu’tout le monde y passe

    Que ça fait d’la peine

    Mais qu’l’amour dure

    Éternellement

     

    C’est vrai je t’aime

    Pis t’es là comme un géant

    Comme un grand soleil

    Par en dedans

    Tout le temps
     

    Le sexe

    Dans les journaux

    Dans les magazines

    À la télé

    Et dans les vitrines

     

    Le sexe

     

    Dans l’aventure

    Et dans la routine

     

    Le sexe

     

    Dans la fraternité

    Et la guerre

    Dans tous les recoins

    De la terre

     

    Le sexe

     

    Dans les bureaux

    Dans les usines

     

    Le sexe

     

    Dans les cavernes

    Et dans les livres

     

    Le sexe

     

    Chez les paumés

    Et chez les riches

    Chez les animaux

    Et les débiles

     

    Le sexe

     

    À la campagne

    Et à la ville

     

    Le sexe

     

    Dans la folie

    Dans la déprime

    Dans les tueries

    Et les suicides

     

    Le sexe

     

    Dans la solitude

    Et la fête

     

    Le sexe

     

    Dans tous les recoins

    De ma tête

     

    Le sexe
     

    Napalm

    Dans les frais bocages

    Et les herbes tendres

    Tes lèvres en bataille

    Et le vent qui brode ses danses

    En fines cascades

    Sur tes berges blanches

     

    Toucher tes étoiles

    Du bout de la langue

    Le cœur en cavale

    Sous les palmiers de tes hanches

    Déchirer la voile

    Effeuiller le temps

     

    Perdre les pédales

    Déserter les rangs

    Semer la pagaille

    Et sauter dans un toboggan

    Quitter la parade

    Bousiller ses chances

    Danser sur la table

    Dans le théâtre qui flambe

     

    Déposées mes armes

    Baissées mes défenses

    Les crocs de tes charmes

    Mordent les os de mes jambes

    Mes chairs en otage

    Et les neiges tombent

     

    Caché dans l’étable

    À lécher le sang

    Battre la campagne

    Et laisser macérer le temps

    Déchirer la page

    Retrouver le monde

     

    Bouffer le cheval

    S’arracher le ventre

    Entrer dans le bal

    Et pousser son chien dans la danse

    Ramper dans la vase

    Ou dans l’excellence

    Reprendre la valse

    Dans le théâtre qui flambe

     

     

    Comme un long matin

    Où tout recommence

    Les mêmes chemins

    Et les mêmes numéros de chambres

    Les mêmes refrains

    Les mêmes silences

     

    Au milieu du bar

    Au milieu des danses

    J’ouvre ma fenêtre

    Et je contemple ton absence

    Balafré de toi

    Brûlé à l’essence

    Tes restes en image

    En sirotant mes vagues à l’encre

    Un autre désastre

    Une autre avalanche

    Une autre rengaine derrière les barreaux de mes manques

    Mes rêves minables

    Mes châteaux de sable

    Et mes sentinelles qui tirent sur tout ce qui m’évade

     

    Vodka sur le tard

    Vodka qui fait mal

    Comme un goût de fer

    Comme un postillon de cadavre

    Chercher la bataille

    Chercher le mirage

    Chercher ton fantôme au milieu des ombres qui passent

    Plus rien dans les veines

    Plus rien dans le ventre

    Que des bouts de peine

    Et ton cœur qui frappe mes tempes

    Comme un végétal

    Une loque qui tangue

    Je vague en épave

    Dans le théâtre qui flambe

    Entre les vagues

    Le monde est mélancolique

    Et dresse des temples

    Dans le fric

    Dans le sexe et la guerre

    Le vent caresse les ruines

    Et souffle les cendres

    Dans le fric

    Dans le sexe et la guerre

     

    Je flotte sur le divan

    Au milieu de l’océan

     

    Entre les vagues

    Je pêche et je chante

    En regardant le rivage

    À feu et à sang

     

    Tout se résume et s’explique

    Et tout se répand

    Dans le fric

    Dans le sexe et la guerre

    La faim les dieux et les cirques

    Les charniers de viandes

    Dans le fric

    Dans le sexe et la guerre

     

    Tu flottes sur le divan

    Au milieu de l’océan

     

    Entre les vagues

    Je t’aime et je chante

    En oubliant le rivage

    À feu et à sang

     

    Pardonne-moi si je triche

    Et si je me vends

    Pour le fric

    Pour le sexe et la guerre

    Si je m’éloigne et je frime

    Au milieu des cendres

    Dans le fric

    Dans le sexe et la guerre

     

    Tu sais je ne suis pas un ange

    Ouvre tes yeux et tes jambes

     

    Sur ton rivage

    Je règne et je chante

    Je pille et laisse tes plages

    À feu et à sang
     

    La fille

    C’est une fille qui a du chien

    Elle me fait manger dans sa main

    C’est une fille un peu cruelle

    C’est une fille intéressante

    Elle a du fric

    Et de la chance

    C’est une fête perpétuelle

     

    Le genre de fille alléchante

    Le genre de fille amusante

    Le genre de fille ravissante

    Le genre de fille aguichante

    Le genre de fille aberrante

    Le genre de fille énervante

    Le genre de fille arrogante

    Le genre de fille épuisante

     

    J’en ai marre

    Je me barre de ta vie

    Je tourne en rond auprès de toi

    J’en ai marre

    Je me barre de ta vie

    Et je te glisse entre les doigts

    Je fous le camp et je m’en fiche

    Je me fous que tu sois ma biche

    Je fous le camp tu survivras

    Je fous le camp je déguerpis

    Je fous le camp très loin d’ici

    Je fous le camp très loin de toi

     

    C’est une fille qui bouge bien

    C’est une fille à baldaquin

    Le ciel au lit

    Le lit au ciel

    C’est une fille étourdissante

    Elle a le chic

    Et l’indécence

    C’est une bombe sexuelle

     

    Le genre de fille alléchante

    Le genre de fille amusante

    Le genre de fille ravissante

    Le genre de fille aguichante

    Le genre de fille aberrante

    Le genre de fille énervante

    Le genre de fille arrogante

    le genre de fille épuisante

     

    J’en ai marre

    Je me barre de ta vie

    Je tourne en rond auprès de toi

    J’en ai marre

    Je me barre de ta vie

    Et je te glisse entre les doigts

    Je fous le camp et je m’en fiche

    Je me fous que tu sois ma biche

    Je fous le camp tu survivras

    Je fous le camp je déguerpis

    Je fous le camp très loin d’ici

    Je fous le camp très loin de toi

     

    À bout de force et de désir

    Je m’effondre

    Et puis j’agonise

    Dans un trou quelque part

    Chez les nomades

    Malgré les condoms

    Les vaccins

    Les arrestations

    Et l’absinthe

    Je suis quand même tombé malade

    Et je patauge dans la merde

    Avec des vertiges et la fièvre

    Dans un clapier subtropical

    Je lape des potions imbuvables

    En voyant sauter un chaman

    Et j’ai des hallucinations sentimentales

     

    Je vois cette fille alléchante

    Je vois cette fille amusante

    Je vois cette fille ravissante

    Je vois cette fille aguichante

    Je vois cette fille aberrante

    Je vois cette fille énervante

    Je vois cette fille arrogante

    Je vois cette fille épuisante

     

    Et je délire je délire je délire

     

    Loin de toi

    J’en ai marre de ma vie

    Je fais le tour en quelques pas

    Loin de toi

    J’en ai marre de ma vie

    Tu me rattrapes où que je sois

    Le bout du monde je m’en fiche

    Il est dans tes grands yeux de biche

    J’y prends le train à chaque fois

    Ramène-moi je t’en supplie

    Ramène-moi très loin d’ici

    Ramène-moi tout près de toi
     

    Les pouliches

    Toi

    Moi

    Elle

    Quel bordel

    Je ne peux faire de choix

    C’est toi mon étincelle

    C’est elle mon cinéma

     

    Toi

    Moi

    Elle

    Quel bordel

    Un peu n’importe quoi

    Ce soir c’est toi que j’aime

    Demain je ne sais pas

     

    Quel est le bon siège?

    Quel est le meilleur des deux pièges?

    Je me démène dans ce manège

    On dirait bien que l’on m’assiège

     

    Les pouliches

    Les pouliches de Trois

     

    Toi

    Moi

    Elle

    Quel bordel

    J’ai le vice et le versa

    Chez toi je pense à elle

    Chez elle je pense à toi

     

    Toi

    Moi

    Elle

    Quel bordel

    Mais toujours je pense à moi

    Quand dans ma citadelle

    Vous m’offrez tout le choix

     

    Quel est le bon siège?

    Quel est le meilleur des deux pièges?

    Je me démène dans ce manège

    On dirait bien que l’on m’assiège

     

     

    Les pouliches

    Les pouliches de Trois

     

    Toi

    Moi

    Elle

    Quel bordel

    Et pourquoi pas toujours à trois

    Toi qui fait la vaisselle

    Elle qui reprise mes bas

     

    Toi

    Moi

    Elle

    Quel bordel

    Mais tout se consume et tout s’en va

    Tu as repris tes ailes

    Elle a repris ses pas

     

    Instrumental

     

    Toi

    Moi

    Elle

    Quel bordel

    Il ne reste que moi

    Qui cherche son étincelle

    Qui cherche son cinéma
     

    Paradis

    Amen

    Ainsi soit-il

    C’est la vie

    Et après la pluie

    Que sera sera

    Demain est

    Un autre et cetera

    Ah si j’étais tranquille

    Un peu taré dans ma cuisine

    Un feuilleton à l’heure dans ma vitrine

    Un sommeil de plomb

    Une bonne bile

     

    J’ai des amis qui m’aiment un peu

    Je crois

    Je ne les vois pas beaucoup

    J’ai aussi une nana heureuse

    Je ne la vois pas trop trop

    C’est tout

    Mais paraît-il qu’en avril

    Nous irons tous au bal des fous

    Rouler la bille à l’Avenir

    Et voter à qui prendra le trou

     

    Un polaroid dans mes yeux

    J’enregistre ce qu’il y a de mieux

    Les pourritures qui dansent autour de moi

    Sont toujours les plus belles

    Et je me demande si jamais

    Il y avait une guerre dans ma tête

    Qui est-ce qui gagnerait?

    Qui est-ce qui gagnerait?

    Serait-ce moi ou bien ma cervelle?

     

    « Allez viens! » dis-tu, ivre

    Alors j’ai mis mes belles guenilles

    Nous sommes allés voir sur le parc

    Nous sommes allés boire la rivière

    Nous sommes allés coucher l’herbe

    Sous nos corps un peu déserts

    Nous avions pris aussi un jeu

    De pelles à rouler dans le feu

     

    Mardi sept heures et demie

    Au Macintosh on m’a caché

    Qu’il y avait un vieux décrépit

    Qui dormait dans mon sablier

    Et que si

    Si j’avais compris

    Que dans mon verre y’avait la mer

    Il me faudrait piger aussi

    Que c’est là où je me noie

    Solitaire

     

    Sur le lit

    Échancrée

    Belle

    Se tient celle pour qui je m’appelle gamin

    Je ne suis pas sérieux

    Mais je sais être pubien

    Je suis caché dans ses robes

    Et je m’évade plus encore

    Lorsque ses lèvres m’enrobent

    Et puis là j’me sens un peu bien

     

    Avoir du fric un jour

    C’est peut-être mon seul destin

    Ouais…

    Ouais…

    Bien qu’à ce jour

    Je ne m’y connaisse pas très bien

    Ah si j’avais la richesse

    De ne rien faire

    Ne rien forcer

    Sans avoir à faire autre chose

    Que de dormir

    Boire et manger

     

    Les poètes sont des cons

    Moi je n’appartiens à rien

    Je ne voudrais pour rien au monde

    Retenir un jour un p’tit calepin

    Et si c’était à recommencer

    Je me ferais sanglier

    J’irais dans les talus épais

    Faire la causette avec la paix

     

    Enraciné dans mes ombres

    Et dans ma forêt qui s’allonge

    En fées de joie

    En larmes qui tombent

    Dans mes traces

    Je marche

    Et quand vers minuit

    Je cajole mon paradis

    Je me retourne vers les étoiles

    Je bois mon malt

    Et c’est parfait comme ça

    Parfait

    Joli

    Comme ça
     

    Bio et presse

    Keith Kouna est le chanteur et parolier du défunt groupe Les Goules, groupe phare de la scène alternative québécoise qui a sévi de 2001 à 2007. Ce groupe singulier a pondu trois albums décapants, a été finaliste aux Francouvertes de 2003, s’est mérité un Prix Miroir au Festival d’Été de Québec en 2006 pour l’originalité de la création, a pulvérisé les palmarès des radios étudiantes et effectué quelques centaines de spectacles irrévérencieux, ludiques, théâtraux et sainement cinglés un peu partout au Québec.

    Lorsque le groupe prend une pause en 2007, Keith Kouna s’attaque à l’enregistrement de ses « chansons de jeunesse » qu’il avait mises sur la glace lors de la création du groupe. Avec son ami Tristan McKenzie qui avait réalisé le dernier disque des Goules, ils se chargent de dépoussiérer ces chansons et de leur donner vie. En 2008, après un an de travail à temps partiel, des hectolitres de café et de bière, des montagnes de clopes et des misères communes, Les Années Monsieur sort enfin. Le disque est fort bien accueilli par la critique et regorge de petits classiques qui font leur chemin. Keith Kouna offre des prestations remarquées dans les festivals, les bars et autres recoins louches du Québec.

    Il patauge ensuite comme un peu tout le monde dans l’abus d’alcool, la dépression, le sexe, l’amour, la musique classique, les auteurs nihilistes, le mauvais café, les Québec Classique, les pizzas congelées et Facebook. À l’été 2011, il réalise soudainement que ça va faire bientôt trois ans que Les Années Monsieur est sorti et qu’il lui faut un nouveau disque au plus criss. Il s’attaque à l’écriture de nouvelles chansons, tout en continuant à faire des gigs au chapeau pour se maintenir à l’avant-plan de la scène musicale.

    Un an plus tard, il entre au Studio Masterkut avec ses musiciens Vincent Gagnon, Martien Bélanger, PE Beaudoin et David Gagné. Il confie à nouveau la réalisation de ce disque à son vieux complice Tristan McKenzie, avec Francis Beaulieu à la prise de son. Le tout est mixé par les deux comparses et le mastering est confié à Marc Thériault.

    Du Plaisir et des Bombes est le deuxième album de cet auteur-compositeur-interprète (ACI) inclassable. Percutant, accrocheur et touchant, Kouna fait mouche encore une fois avec onze petites bombes qui font plaisir…

    Kouna selon le Bang Bang / Kouna selon le Voir / Disque de la semaine du Voir / Kouna selon le Quotidien

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